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CONCLUSION





Au cours de cette étude professionnelle, nous avons donc parcouru l’ensemble des secteurs touristiques composant le Tourisme ou lié à celui-ci, tout d’abord en France puis en Ile-de-France, afin de mieux évaluer les retombées de la Coupe du Monde de Football de 1998.


Il s’avère donc que les retombées de ce méga-événement sont multiples, et comportent certaines caractéristiques à nos yeux : tout d’abord, nous avons constaté qu’il y a plusieurs degrés dans l’impact de ce méga-événement, et que ceux-ci s’évaluent au fil du temps, en amont de l’événement, pendant celui-ci et après.

Le déroulement d’un méga-événement tel que la Coupe du Monde a créé une impulsion de départ, en juin-juillet 1998, occasionnant des changements de clientèle, des variations de flux touristiques, des reports de séjours… ; puis cette impulsion a créé une sorte d’onde dégressive ayant des effets bien après l’événement, comme par exemple l’arrivée de touristes étrangers ayant découvert la France à travers les reportages et les articles à son sujet pendant la Coupe du Monde.

Les retombées de la Coupe du Monde de 1998 continueront donc à être évaluées en 2000 ou 20001.

Si nous ne pouvons pas les quantifier précisément, entre autres pour cause de multiplicité d’acteurs et de difficulté de « sortir » l’impact de cet événement de l’économie touristique habituelle, nous pouvons tout de même les évaluer en observant les retombées sur chaque secteur touristique d’une part, et sur la demande touristique d’autre part, en termes d’image et de notoriété.


Sur tous les constats réalisés au cours de cette étude, il apparaît que les retombées sont positives sur tous les plans.
Les quelques rares acteurs touristiques à se plaindre ont certainement eu des déceptions de par leur manque d’organisation de manifestations spécifiques à l’événement.
En effet, même s’il était important de garder une place pour les touristes classiques traditionnels, il fallait tout de même miser énormément sur l’événement sportif, apportant une nouvelle clientèle, désireuse de voir comment l’ensemble des acteurs touristiques s’adapterait à la situation.

Or, il est évident qu’il faut utiliser cette impulsion de base pour renforcer encore l’image de la France et accroître ainsi son potentiel touristique.


A nos yeux, les retombées de la Coupe du Monde en termes d’image et de notoriété ont été magistrales ; la France n’aurait pas pu rêver meilleure campagne promotionnelle que ce méga-événement.


Si nous avons principalement basé notre étude sur l’année 1998, il convient maintenant d’observer les effets de la Coupe du Monde sur le début de l’année 1999.
Toutes les informations nécessaires ne sont pas disponibles pour chaque secteur – en effet, l’INSEE a changé ses types de panel et sa segmentation pour 1999 -, toutefois nous pouvons établir certaines tendances.



Tendance en 1999


Centrales de réservations hôtelières

En ce qui concerne le secteur de l’hôtellerie, le cabinet d’études Coach Omnium a publié le baromètre de ces centrales de réservations. Celles-ci ont enregistré au premier semestre « une explosion de leur activité sur la destination France, par rapport à 1998 ». Sur le premier semestre, le nombre de nuitées traitées est en progression de 37,7%, bien qu’il n’y ait pas eu d’événement touristique majeur cette année.

C’est la clientèle hexagonale et celle originaire d’Europe du Nord qui jouent le plus grand rôle dans cette croissance (+3%). La clientèle d’Europe du Sud et celle d’Amérique du Sud, qui s’étaient déplacées en 1998 pour la Coupe du Monde de Football, sont en recul.
L’évolution des tarifs reste raisonnable, avec une hausse du prix moyen des chambres de 1,5% ; par contre, si nous regardons l’évolution des prix en cumulé, la progression s’élève à +10% de janvier 1998 à avril 1999. La mise en place du yield dans la plupart des Centrales du panel de Coach Omnium n’y est pas étrangère. Par ailleurs, « les différentes actions marketing et commerciales que nous avons menées en 1998 commencent à porter leurs fruits », souligne le responsable d’une Centrale interrogée.
Coach Omnium explique la hausse de la demande en France par les conséquences d’un dollar fort. En outre, les centrales de réservations « bénéficient d’une crédibilité accrue. Les investissements technologiques ont stimulé la clientèle », en lui permettant notamment de savoir immédiatement s’il reste des disponibilités sur le produit choisi.
Pour exemple de cette progression dans le secteur hôtelier, le chiffre d’affaires du groupe Accor a globalement progressé de 4,4%, à 18,72 milliards de francs pour le premier semestre 1999 (dont +10,6% pour l’hôtellerie).

Afin de s’adapter encore plus à l’évolution rapide de la vente de produits touristiques et aux nouveaux modes de consommation de la clientèle, des centrales comme celles d’Accor et d’Envergure (groupe du Louvre) permettront sous peu la réservation « on line » immédiate par le biais de sites Internet disposant de paiement sécurisé. Cette innovation devrait accélérer encore la demande, Internet ne drainant aujourd’hui qu’environ 3% des opérations.


Restauration

Selon le cabinet d’études Coach Omnium, la reprise se confirme très nettement dans la restauration. La hausse du nombre de couverts cumulés au premier semestre par rapport à la même période de 1998 est de 4,7%. « Les restaurants vivent de trois clientèles : particuliers, entreprises, touristes. D’habitude, il y en a toujours un ou deux qui fléchissent. Aujourd’hui tous les feux sont au vert », note Marc WATKINS, de Coach Omnium.


Flux touristiques

Effet rebond du mondial de Football, les étrangers sont revenus en force cet été. Le secrétariat d’Etat au Tourisme espère fortement que la barre des 70 millions de visiteurs étrangers sera franchie en 1999, comme elle l’avait été en 1998. Les Français n’ont pas boudé davantage les vacances ; la plupart des régions annoncent une progression du flux touristique, et certaines sont même très favorisées (98% de taux d’occupation des hébergements en Ardèche, avec une augmentation de la clientèle danoise, suédoise et américaine ; excellents taux de remplissage sur la Côte d’Azur ; 10% de progression du flux touristique en Corse…).

Les tours-opérateurs sont également très satisfaits du début de l’année 1999 : 13,3% de progression du chiffre d’affaires et 17% de clients en plus pour les six premiers mois de l’année, selon Jacques MAILLOT, le PDG de Nouvelles Frontières. « Et juillet est sur la même tendance ». De même, les agences de voyages relatives au groupe Accor ont connu une activité satisfaisante avec une hausse de 9,5%.


Il semble donc que tous les secteurs profitent des retombées de la Coupe du Monde en termes d’image et de notoriété, et que la saison touristique 1999 évolue aussi bien, sinon mieux que l’année 1998, qui était pourtant déjà un excellent cru.



Enseignements à tirer

Après le constat des effets de l’organisation de la Coupe du Monde en France, certains enseignements peuvent en être retirer, notamment en ce qui concerne le secteur de l’hôtellerie :

-La capacité hôtelière de la région permet d’absorber ce type d’événement et d’accepter en l’état de grands mouvements de foule.
-La capacité hôtelière s’est beaucoup développée en petite et grande couronnes.
-La clientèle américaine est un gros potentiel, de même que la clientèle asiatique (en particulier les nationalités indiennes et chinoises).
-L’Ile-de-France est peut-être une région-capitale des voyageurs européens ; c’est un point de passage obligatoire pour entrer en Europe.
-Il faut une meilleure cohérence entre organismes compétents, surtout ceux de l’observation économique et statistique, en assurant une cohésion entre les différents services.
-L’énergie, les moyens humains et financiers existent ; en rajoutant une certaine bonne volonté, l’Ile-de-France possède des atouts pour ancrer une position de plus en plus forte.


En ce qui concerne le reste des dispositifs d’organisation, nous voudrions souligner, en vue de la mise en place d’autres grands événements, certains autres points importants à se rappeler : nous pensons qu’il faut absolument que les organisateurs mettent l’accent sur la prévention des problèmes « physiques », tels que le hoolliganisme ou le manque de sécurité à certains moments ; en effet, même si cela n’a apparemment pas trop affecté l’image de la France véhiculée par les étrangers, tant touristes que journalistes , il est tout de même regrettable que de tels événements se soient produits, particulièrement l’incident de la voiture sur les Champs-Elysées. Le gouvernement avait pourtant mis en place un important dispositif de sécurité, mais il semblerait que cela n’ait pas été suffisant. Il faudra donc en tenir compte lors de prochaines organisations méga-événementielles.


D’autre part, en dépit du fait que le CFO avait prévu l’accréditation d’un nombre limité de tours-opérateurs pour éviter tout problème avec la vente de billets et le marché noir, certains scandales sont tout de même survenus, touchant particulièrement les pays asiatiques. Le CFO n’a pas été mis en cause, mais il semblerait que ce soit un ou plusieurs des T.O. accrédités qui aient profité de la situation.
Ceci aurait pu causer beaucoup de tort à la France, avant l’événement, et aurait pu conduire à une crainte amplifiée de la part de nombreux supporters, annulant ainsi leur venue.
Il nous semble donc nécessaire d’appliquer un système de surveillance pour chaque tour-opérateur accrédité, afin de limiter les problèmes de ce genre et leurs éventuels impacts sur la clientèle.


Toujours concernant le CFO et le problème des accréditations de T.O., il semblerait que le système de sélection du CFO à ce sujet ait été plus ou moins bien accepté.
En effet, aux Etats-Unis en 1994, le système était simple : un à trois voyagistes avaient été choisis par pays, contre paiement de 80 000 F pour l’obtention de la licence .
Or, pour la Coupe du Monde 1998, le système du CFO a été tout autre : les voyagistes devaient remplir un dossier de candidature prouvant leur professionnalisme, accompagné d’une somme d’argent dont le montant était laissé à leur discrétion. Certains ont même déboursé plusieurs millions de francs pour obtenir la licence.
Cette pratique entraîne forcément un marché noir de revente de billets entre T.O accrédités et non accrédités, et c’est un problème qu’il nous paraissait intéressant et nécessaire de relever.
Il nous semble évident que face à un tel problème, il faut impérativement trouver une solution en vue de futures accréditations de ce genre pour de semblables événements.


Enfin, nous voudrions souligner plus particulièrement le problème de la barrière linguistique qui est apparemment survenu pendant la Coupe du Monde, aussi bien chez les prestataires de services (hôteliers, commerçants…) que dans le Centre de Presse officiel .
Ce problème aurait pu être résolu en employant peut-être plus de saisonniers bilingues ou trilingues chez certains prestataires de services, et bien évidemment au sein du Centre de Presse officiel.
Il semblerait que ce problème ait vraiment marqué les journalistes, or l’image de la France dépend d’eux, c’est donc un point sur lequel il faudra vraiment insister dans le futur.
Notamment à Paris, qui est considérée comme un carrefour de population, un endroit où de multiples nationalités se croisent ou cohabitent…



Rebondir sur « l’effet Coupe du Monde »

L’année 1999 voit donc l’opportunité de prolonger « l’effet Mondial » » et de mener une politique de promotion encore plus soutenue vers les marchés étrangers traditionnels et ceux à fort potentiel. C’est donc l’occasion de soutenir l’engagement d’une politique de promotion en direction du marché français et en premier lieu des franciliens.

Afin de tirer parti de ce bilan très favorable et des nombreux effets positifs de la Coupe du Monde tant sur la fréquentation que sur l’image touristique de la France, le secrétariat d’Etat au Tourisme se propose d’agir en direction des objectifs suivants :


1. Accroître la fréquentation touristique française et étrangère

- Affirmation du droit aux vacances pour tous (consolidation du plan patrimoine des associations qui œuvrent dans le tourisme ; constitution d’une « bourse solidarité vacances » ; extension du chèque-vacances)
- Confortation de la demande touristique française
- Reconquête des marchés extérieurs traditionnels notamment européens, américains et japonais (lancement d’une offensive concrète sur les marchés émergeants et lointains)


2. Mieux répartir la fréquentation touristique sur le territoire

- Modification de la tendance actuelle, à savoir 80 % de la fréquentation touristique concentrée sur 20 % du territoire français
- Contrats de plan Etat-Régions pour jouer un rôle déterminant dans la diversification, l’organisation et l’adaptation de l’offre touristique nationale dans toutes ses composantes
- Responsabilité essentielle des délégations régionales au tourisme dans ce domaine


3. Favoriser le développement touristique local équilibré, créateur de richesse et d’emplois

- Plan emploi-jeunes (signature d’accords-cadres qui ont permis la création de 1 640 emplois nouveaux, soit 5 % des embauches constatées dans le secteur touristique)
- Lutte contre la précarité des emplois tout en relevant le défi de la qualité (amélioration de la formation professionnelle des acteurs publics, privés et associatifs du tourisme)
- Aide aux petites entreprises (réflexion interministérielle et concertation avec les professionnels pour permettre aux entreprises du secteur de s’adapter au contexte économique et concurrentiel, et faire face à leur endettement contracté bien souvent pour améliorer et adapter l’offre touristique)


4. Rendre l’intervention de l’Etat plus efficace (Réforme structurelle pour conforter le rôle du secrétariat d’Etat au Tourisme)

- Acquisition d’une meilleure connaissance des flux touristiques et engagement dans une analyse méthodique des produits offerts aux visiteurs (donner aux collectivités locales et aux professionnels les meilleures informations possibles en matière de perception du marché, de connaissance des évolutions et d’adaptation de leurs produits ; améliorer l’efficacité des outils d’observation économique du secrétariat d’Etat au Tourisme)
- Confortation du rôle partenarial et d’assistance technique des Délégations Régionales au Tourisme et de la capacité d’expertise de l’AFIT (mise en valeur des priorités dans les futurs Contrats de Plan Etat-Régions) afin de constituer un outil d’intervention et de mobilisation des fonds européens.
- Poursuite de la modernisation des outils d’intervention du secrétariat d’Etat au Tourisme, en particulier dans les domaines de la promotion et de la mise en marché de l’offre touristique nationale (réalisation d’un serveur national, véritable outil d’information et à terme de réservation au service du tourisme français ; réorientation des efforts de promotion conduits par Maison de la France)


Ces efforts seront rendus possibles par l’amélioration significative du budget du secrétariat d’Etat au Tourisme pour 1999.


Toutes ces transformations vont donc forcément entraîner des questions d’aménagements du territoire, d’image, et également de développement local, puisque à la clé de ses rénovations se trouve l’emploi, étant donné que le tourisme est un secteur qui produit énormément d’emplois.
De nouveaux métiers autour du développement local sont donc susceptibles d’exister.


Comme le souligne Michèle DEMESSINE , « les bons résultats de notre activité touristique en 1998 qui viennent conforter ceux enregistrés en 1997 constituent un signal fort qui doit permettre à tous de prendre conscience que le Tourisme est un secteur d’activités en pleine maturité qui bénéficie directement ou indirectement à l’ensemble des autres secteurs ».



Continuer les actions reconnues pendant la Coupe du Monde

Forte du succès de la campagne « Bonjour » en 1998, Michelle DEMESSINE a décidé de relancer l’opération pour deux ans. Face aux enjeux que constituent les célébrations de l’an 2000, le secrétariat d’Etat au Tourisme a souhaité ainsi concrétiser les opportunités de développement touristique issues de ce contexte particulièrement favorable.

La campagne « Bonjour 2000, la France invite tout le monde à la fête » a donné dès l’été 1999 le départ d’une série de célébrations pour l’an 2000. Première opération, l’organisation, les 26 et 27 juin 1999, d’une trentaine de spectacles sur le thème « La France fête son histoire ». « La France fête ses plages »a été organisée mi-juillet dans 105 villes. En octobre, le tourisme industriel sera de la partie avec « La France fête ses entreprises ».

Par ailleurs, le secrétariat d’Etat au Tourisme encourage les professionnels du tourisme à signer des contrats d’accueil (50 000 en 1998) pour mieux soigner leurs clients. Une campagne publicitaire fera connaître cette initiative. Au total, 3,5 millions de francs seront consacrés à cette opération.

Dans l’esprit de tous, la Coupe du Monde de 1998 restera l’événement de ce millénaire… Jusqu’aux célébrations de l’An 2000. Il ne faut donc absolument pas rater l’occasion de « rebondir » en mettant de nouveau la France en valeur.



Le devenir de la Coupe du Monde

Fait nouveau, Sepp Blatter, nouveau Président de la FIFA, veut organiser une Coupe du Monde tous les deux ans, dès 2008.
Toutefois, nous émettons quelques réserves à ce sujet car cette évolution pourrait « banaliser » le phénomène Coupe du Monde et rendre moins attractif ce méga-événement.


Pour preuve de la réussite technologique de la Coupe du Monde en France, le Stade de France, conçu d’emblée dans une logique économique, s’exporte à l’étranger : les architectes Macary et Zublena (deux sur les quatres) ont été engagés pour dessiner les stades d’Istanbul en Turquie et de Suwon en Corée pour la Coupe du Monde de 2002. ces deux équipements reprendront pour partie les idées du complexe sportif conçu à Saint-Denis, avec l’objectif d’assurer la rentabilité de l’équipement.

La Coupe du Monde 2002 aura plus une portée politique, par la bonne entente entre le Japon et la Corée (présence exceptionnelle de l’empereur du Japon à Séoul pour la cérémonie d’ouverture).
Le Japon a construit un nouveau stade pour la finale, comportant 70 000 places.
Toutefois, le partage des matches entre la Corée et le Japon ne sera pas facile pour l’organisation d’un tel événement. Cette nouvelle formule de partage entre deux pays est due à Lennart Johanson, patron de l’UEFA (Union Européenne de Football Association).


Reste à voir si ces deux pays profiteront des enseignements offerts par la Coupe du Monde de Football en France de 1998.








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